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Ça commence comme un huis clos horrifique, un vieillard qui guette à sa fenêtre l'arrivée d'un jeune homme rabattu par sa femme, sur la promesse de rapports sexuels non-tarifés. La mise en scène se veut oppressante, d'abord de par son systématisme : deux images par page, à la manière des fumetti neri. Mais peut-être ici plutôt en référence aux bandes dessinées scabreuses et raffinées d'Alex Barbier. Le trait est à l'avenant, au crayon charbonneux tendu vers une manière d'hyper-réalisme, attentif aux moindres transformations d'expressions des visages qu'on jugera malaimables, inquiétants voire repoussants, au premier abord. La scène inaugurale s'installe tout en lenteur et en pesanteur, dans l'attente d'un inéluctable dérapage, avec des relents du X de Ti West pour nous chatouiller la mémoire et nous préparer au pire. Mais si cette entrée en matière n'était que fausse piste, et que nous nous étions ici plutôt pris dans un registre autofictionnel trouble et sensible ?Déjà éditée et diffusée de manière confidentielle à quelques poignées d'exemplaires seulement (aux bons soins de la structure de micro-édition, fortement recommandable, Aux enfants du talus), Intérieur a révélé l'incroyable maturité narrative et formelle d'un parfait inconnu, Samoth Traüberchel. Adverse est donc particulièrement fière d'offrir une seconde vie et une plus grande visibilité à ce surgissement trop discret. Et invite tous ses lecteurs à vagabonder sur les salons de micro-édition à la recherche de L'Évanouie et Soudain, nulle part, les deux autres magnifiques bandes du même auteur.