Dans une forêt noire, près de Reims, là où le soleil ne reste jamais longtemps, là où poussent les vignes pour faire ce champagne que débouchent les gens heureux, Lilian du Passe-Temps dit Lili des collines est mort, il a reçu une balle en plein front. C'était le mardi 23 juillet 1918. Cette date est maudite. Il est tombé à l'aube. Il est tombé au champ d'honneur, comme aiment dire ceux qui n'y sont jamais allés.
Lillian était un petit paysan du canton d'Aubagne, avec un merveilleux accent qui pouvait enchanter les troupes. Il avait un fin visage provençal. Il était brun, il avait les yeux noirs et de très longs cils. Parfois son grand frère Robert, pour se moquer de lui, disait qu'il avait de fins cils de fille.
Étendu sur le sol, un filet de sang coulait de sa bouche. On aurait dit un fin ruisseau qui s'échappait avec la mort, pour que nul ne puisse trouver cette source. Lili des collines est né le lundi 18 avril 1898 aux passe-temps à quelques kilomètres d'Allauch. Son prénom était Lilian mais beaucoup l'appelaient Lili et comme il habitait aux pays des collines, on avait choisi, de le baptiser Lili des collines.
Jacques, le père de Lili élevait des chèvres et faisait du fromage qu'il vendait jusqu'à Aix-en-Provence. Baptistine, sa mère élevait, quant à elle, sa nichée. La famille possédait une trentaine de chèvres, sept chiens, trois ou quatre chats, une douzaine de poules et deux coqs, six couples de lapins dans des clapiers avec leurs portées, deux filles et six garçons.
Dans les collines un jour Lili a trouvé l'amitié auprès de Michel, les deux amis étaient inséparables mais Michel ne savait pas le drame qu'endurait Lili.
Lili était un enfant battu par son père et pour ajouter de la peine aux souffrances Lilian était dans la classe de Mme Piquoiseau, une vieille et folle institutrice qui aimait torturer certains élèves.